Jos. Deschênes
La qualité de l'huile dans ma lampe. Mth 25, 1-12.
Jésus nous propose une parabole aujourd'hui. La parabole est un message habillé qu'il nous faut découvrir. Dix jeunes filles sont invitées au noce et attendent les époux. Les unes ont une réserve d'huile dans leur lampe, alors que les autres sont en déficit. Pendant qu'elles vont au dépanneur, l'époux arrive et à leur retour la porte est verrouillée.
Quand je présidais des mariages, je voyais les invités s'installer à l'avant pour participer avec les époux à la célébration. À l'arrière de l'église, les curieux s'entassaient et disparaissaient en cours de célébration. Ils manquaient d'huile. Je suis invité comme ces demoiselles à particier à la fête des noces. Quelle est la qualité de l'huile dans ma lampe?
Quels sont les raisons qui m'amènent au mariage? Est-ce que je vis à la surface, un être superficiel qui est attrapé par les situations nouvelles? Est-ce que ma lampe est bien garnie de l'huile de l'amour, l'huile d'une relation vraie et sincère, l'huile d'une fidélité constante devant les difficultés de la vie? Souvenons-nous que dans la multilication des pains, les apôtres voulaient retourner les gens parce qu'ils n'avaient pas assez de nourriture, Jésus leur dit de leur donner à manger. Jésus leur fait découvrir qu'ils ont tout ce dont ils ont besoin. Ici les filles sortent d'eux-même pour aller ailleurs chercher de l'huile. Elles n'ont pas pris conscience qu'elles ont tout ce qu'il leur faut. L'huile n'est pas au dépanneur, elle est dans leur vie.
Notre société change continuellement. Les besoins sont nouveaux. Les exigences spirituelles évoluent. Je suis invité à regarder quelle sorte d'huile je mets dans ma lampe pour répondre à ces besoins et entrer au banquet de la vie. Il ne s'agit pas seulement du banquet éternel, mais du banquet de la vie aujourd'hui. Le poête Tagore le dit autrement: "J'ai été invité au concert de la vie, j'ai joué de mon instrument de mon mieux, quand la mort passera, je ne veux pas que la visiteuse reparte les mains vide, je lui présenterai la pleine coupe de ma vie." Chaque jour je suis invité à faire le plein d'huile dans ma vie pour que ma lampe soit pleine lorsque le temps sera venu.
Nos frères et soeurs dans la foi ont quitté la pratique sacramentelle, nos églises se vident de plus en plus. les Fabriques ont multiplié les intentions de messes à chaque célébration dans l'espoir d'attirer les gens à la messe. Nos églises se sont vidées quand même. Cette situation nouvelle nous pose une question: Quelle est la quelité de l'huile de ma lampe que j'ai renversée dans leur lampe? Nous mettons beaucoup d'énergie dans la catéchèse préparatoire aux sacrements pour les jeunes et tout le monde se plaint qu'il n'y pas de suivit. Est-ce que l'huile que je leur donne correspond à leurs besoins d'huile ou aux miens? Est-ce que je suis prévoyant et que je mets l'huile en abndance pour les besoins d'aujourd'hui, ou si je me contente de répéter l'huile d'hier? Faut pas attendre l'heure de la mort pour réaliser qu'il nous faut adapter notre huile.
La qualité de l'huile ne vient pas d'abord ou seulement de doctrines mais d'une qualité de présence et de compagnnonage avec le Chirst. Nous sommes invités à faire l'expérience d'une présence spirituelle profonde dans nos vies, nous sommes invités à dépasser le superficiel pour descendre au niveau du coeur pour écouter l'Esprit nous parler.
Un vent de nouveauté.
Au lendemain des élections municipales, les bulletins de nouvelles ne parlent que d'élections. Les commentateurs essaient de dégager des leçons du mouvement amorcé hier. Une cassure s'est fait entre le pouvoir traditionnel, les postes de finances et le peuple. Une nouvelle génération monte et s'engage sur une noouvelle route de commande. C'est intéressant et emballant.
Mais en vieux prêtre retraité, je n'ai pu m'empêcher de penser à mon Église. Une cassure est faite aussi entre le clergé, les personnes âgées encore à l'église et le peuple chrétien. En Église, le peuple ne peut pas exprimer sa volonté de changement. Il ne peut que quitter. Je rencontre des jeunes couples dans les magasins qui me disent s'être éloignés parce que leurs besoins et leurs attentes ne sont pas écoutés. Dans cette Église hors les murs, je sens de l'indifférence, mais aussi beaucoup de souffrance.
Faudra que naissent des prophètes contestataires pour retrouver "la joie de l'Évangile." Faudra sans doute que naissent des prophètes qui présenteront une pastorale renouvelée du baptême avec ses charismes et ses ministères. Un sacrement du baptême qui nous rappelle que chaque baptisé est une bénédiction pour l'Église et un membre utile au Corps vivant du Christ comme le dit Saint Paul en Corinthiens. Faudra que naissent de ces prophètes qui choisiront la vie et la liberté et non les façons de faire et les doctrines. Faudra que naissent de ces prophètes qui ont un goût et une joie contagieuses d'être chrétiens et disciples de Jésus Christ.
Ma prière, ce matin, est de demander au Seigneur de rajeunir ma foi afin de faire découvrir la joie d'être chrétien aujourd'hui.
Méditons avec Marc.
L'Évangile de Marc commence par ces mots: "Commencement de l'Évangile de Jésus Christ Fils de Dieu."
Commencement, cela nous rappelle le livre de la Genèse: Au commencement. Donc quelque chose de neuf arrive, quelque chose commence. Le royaume de Dieu est arrivé, convertissez-vous.
L'Évangile, c'est la Bonne Nouvelle. Ici Marc a du pain sur la planche. La Bonne Nouvelle est celle d'un homme jugé et condamné comme un criminel qui meurt sur un croix. Évidemment les gens ne comprendront rien jusqu'au matin de Pâques.
Christ, c'est le OINT, le consacré. Donc le Messie. Mais pour les messieurs du temps, le oint était les rois, donc ceux qui avaient le pouvoir et défendaient le peuple. Alors les juifs avaient ce modèle de Messie et c'est celui-là qu'ils attendaient. Ils ont suivit Jésus dans cet esprit. Mais O malheur, Jésus n'était pas ce Messie. Quelle déception! Il leur a fallu le matin de Pâques pour qu'ils comprennent la Bonne Nouvelle. Jésus n'était pas le modèle de Messie qu'ils attendaient. Il leur fallait suivre et découvrir la réalité présente.
En méditant cette réalité, je me suis demandé: N'est-ce pas un peu la même réalité que nous vivons? Notre société est changée, les chrétiens ont quitté le modèle d'Église que nous avons connue. Quelque chose de neuf doit se vivre. Est-ce que comme nos amis les juifs, nous n'espérons pas retrouver l'Église d'hier avec nos églises remplies, des baptêmes et des sacrements vécues fréquemment? J'entends parfois des prêtres me dire: Je ne sais plus quoi faire? Je ne sais plus par quel bout prendre la pastorale? Comme pour les juifs, ne nous faudra-t-il pas découvrir la réalité d'aujourd'hui et suivre le Christ aujourd'hui au coeur de son peuple? Il est très difficile pour nous d'imaginer une autre façon de faire Église que celle que nous avons connue et vécue. Faudra sans doute comme les apôtres quitter le bord du lac pour marcher à la suite du Christ.
Un cri du coeur
Notre liturgie aujourd'hui nous fait entendre un cri du coeur de Jésus à chacun et chacune de nous. Tant le prophète Malachie que Jésus dans l'Évangie nous parlent avec leur coeur. Ils s'adressent avec force à nous tous et toutes qui avons une responsabiltié comme chrétien dans notre monde parce que c'est une responsabilité de service et non de pouvoir.
Jésus comme Malachie fait un "massage cardiaque" comme dit bellement Rita Gagné. Dans ces reproches adressés aux chefs religieux, Jésus nous invite à écouter notre coeur, notre conscience. La loi de Dieu est inscrite au fond du coeur. Il est toujours facile ou tentant de ne pas écouter cette voix attiré par le désir du pouvoir ou l'appat du gain. Il est tentant aussi de porter des titres d'honneur. Paul nous rappelle que l'Église n'est pas une entreprise spirituelle mais une communauté de frères et de soeurs dans la foi.
Jésus est venu prêcher une humanité nouvelle, présenter une nouvelle forme de vivre ensemble, rappeler le respect et l'égalité des personnes et devant la difficulté des gens de vivre cette Bonne Nouvelle, il se permet un point de presse important pour parler moderne. Il lance un cri du coeur.
Les ministères dans l'Église sont des services du peuple de Dieu et non des prises de possession. Il nous faut toujours revenir à l'esprit de l'Évangile. Depuis le Concile Vatican 11 nous avons fait un bon bout de chemin, mais ce n'est pas fini. Nous avons quitté la route des Eminence, Excellence, Votre Grandeur, comme l'Écrit Richard Wallot, mais comme le dit la chanson: la route est encore longue. Je vous raconte une petite anecxdote pour nous amuser un peu. En 1971, j'avais été nommé directeur diocésain de la pastorale et Vicaire général, mais je ne portais pas le titre de Monseigneur. Lors d'une messe solennelle à la cathédrale, on ne savait plus ou me placer dans la procesison d'entrée. Je n'étais plus un prêtre, je n'étais pas un Mgr, J'étais devenu un espèce "d'ovni". Je suis allé trouver les servants à l'avant et je me suis bien amusé.
Nous avons connu ce temps de la peur du péché mortel et de l'enfer suspendu sur nos têtes. Le Dieu d'Amour était un peu en vacance. Les scribes et les pharisiens établissent la religion sur le pouvoir, les lourdes pratiques, l'argent. Jésus s'adresse à nous comme un être d'amour, de service et de miséricorde, quelqu'un qui rend libre. Il faut se rappeler que la valeur d'une personne ne vient pas de ses titres ou de son pouvoir, mais de la qualité de son coeur, de la passion qui l'anime et la fait vivre. La plus belle heure de notre vie sera celle où nous aurons le plus aimé et servi dans l'humilité du coeur.
En ce mois du souvenir laissons-nous imprégner du témoignage de tous ces hommes et femmes qui ont marqué notre histoire et notre vie: Le Pape François, l'abbé Pierre, charles de Foucault, Martin Luther King, Jean Vanier et combien d'autres autour de nous. Faisons mémoire et disons merci à tous ces pasteurs et pasteures qui ont marqué notre vie ecclésiale.
L'Évangile et les femmes.
Marie-Françoise Hanquez-Maincent: Les femmes dans le ministères de Jésus. De l'ombre à la lumière? Médiaspaul, 2017. L'auteure docteure en théologie et en hautes études anglophones, fait ici une lecture féministe de l'Évangile. elle exploire les textes où les femmes sont présentes en développant l'aspect "témoin" de ces présences. C'est certes une façon nouvelle de lire les textes, une façon questionnante et qui peut même pour certains être scandalisante. Un chapitre nous conduit à entrevoir que le "disciple bien-aimé" serait une femme. C'est une lecture qui ouvre des fenêtres sur l'avenir à qui veut y réfléchir. De la naissance de Jésus à la vie des premières communautés chrétiennes en passant par le tombeau du matin de Pâques, les femmes ont été une présence importante et même exercé un ministère important qu'il serait peut être nécessaire de retrouver aujourd'hui. Bonne lecture.
Besoin de pompiers.
"Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé." Lc 12, 49. Jésus est venu allumer le feu de l'amour, de la miséricorde, de l'accueil, de la paix ... La vie chrétienne, la suite du Christ, l'engagement pour le royaume, c'est une affaire de coeur. C'est comme un feu intérieur qui brûle sans consumer. Un feu réchauffe, rassemble; le foyer dans une maison, un bon feu de grève. Près d'un bon feu, on se sent bien et nous avons le goût de rester. Près du Christ au coeur de la vie chrétienne, on a le goût de rester et de le dire autour de nous. Quand nous nous approchons trop près d'un feu, nous risquons de devenir nous-même un feu. Si nous approchons du Christ ne risquons-nous pas de devenir aussi "Christ". Essayons pour voir. Si le feu devient trop fort, on appellera les pompiers.
Avez-vous quelque chose à manger?
Ce matin, ma méditaiton me conduit dans l'Évangile de Jean 6, 1-15, où Jésus nourrit une foule affamée qui la suivit dans le désert. Les apôtres lui demandent de renvoyer les gens parce qu'ils ont faim. Jésus leur dit: Donnez-leur vous mêmes à manger. Mais de répondre les disciples: il y a bien un jeune garçon avec 5 pains et 2 poissons mais c'est nettement insiuffisant. Jésus dit simplement: Faites-les asseoir. Tout le monde fut rassasié et il en resta douze paniers à mettre au congélateur. Qu'est-ce que le Seigneur vient me dire dans ce texte?
Nous pouvons dégager bien des leçons. J'en dégage une qui m'apparait importante. Le Seigneur nous invite à faire confiance à l'Esprit Saint qui habite chacune de nos communautés chrétienens. L'Esprit a déposé dans chacune de nos communautés les pasteurs et la nourriture dont elles sont besoin. Les apôtres voulaient aller au dépanneur, Jésus leur dit vous avez tout ce dont vous avez besoin. Et chose impensable, c'est un jeune garçon qui a les pains et les poissons et non les monsieurs disciples. Et pourquoi ne serait-ce pas une petite fille?
Nos communautés chrétiennes ont quitté la structure ordinaire de l'Église et sont affamées de spiritualité, de sens et de la Parole de Dieu. Le Seigneur vient nous dire que l'Esprit a déposé dans nos communautés tout ce dont nous avons beosin pour rassembler et animer nos communautés.Pas besoin d'aller au dépanneur parce que vous risquez d'apporter une nourriture que les chrétiens ne prendront pas. Faites confiance à l'Esprit. Le petit garçon ne s'ymboliserait-il pas tous ces femmes et ces hommes, tous ces talents et ces charismes qui dorment dans nos communautés et qui ne sont pas reconnus. Cela me rappelle le jeune David derrière ses troupeaux. faisons confiance à l'esprit Saint et découvrons nos petits garçons ou petites filles qui tiennent leur nourriture prêt à patager.
"La victoire de l'amour".
Aime Dieu et aime ton prochain comme toi-même; voila le résumé de la vie chrétienne. Jésus conjugue ensemble les deux commandements comme deux frères siamois. Heir, assis au bord d'un ruisseaux, j'écoutais chanter l'eau à mes pieds. Je me disais que l'eau qui coule ici vient d'une source qui l'alimente et que cette eau est la même que celle de la source. Si la source se tarie, le ruisseau disparait; si le ruisseau se coupe de la source , il disparait.
Alors je me suis regardé et me suis dis: La vie en moi vient d'une source qui me fait vivre. Je suis fait à l'image et ressemblance de Dieu, tatoué de l'image même de Dieu. Cette vie qui m'anime est celle même de Dieu, c'est la même vie. Je suis comme un tabernacle vivant. Aimer Dieu et le prochain, c'est tout UN.
Si le divin m'anime, il anime aussi mon voisin. Si je suis tatoué de l'image de Dieu, l'autre devant moi aussi. Aime ton prochain comme toi-même, je me suis alors regardé dans le miroir: Comment t'aimes-tu? Si je ne m'aime pas, pourrai-je aimer les autres? Si je n'ai pas découvert la merveille que je suis, comment pourrais-je le découvrir chez les autres? Si je risque d'avoir le même regard sur les autres que celui que je porte sur moi. L'être humain est plus important que ses limites, ses faiblesses. Ce commandement du Seigneur m'invite à découvrir qui je suis: merveille de Dieu. Nous devons apprendre à être positif.
Apprends-moi à aimer chantons-nous parfois. Pour apprendre à aimer, il nous fout nous placer à l'écoute de Jésus, contempler le Seigneur dans son attitude avec les gens. L'amour du prochain est une réponse à un Amour qui nous précède. Aimer, c'est accompagner pour laisser grandir l'autre selon la musique de son être. Aimer n'est pas possédér, mais accompagner. Contemplons le regard de Jésus sur Pierre après son reniement, Lc 22, 61. Pas un mot, pas un reproche, seul un regard chargé d'amour. La parabole du père miséricordieux qui nous apprend comment accueillir les autres dans nos familles et nos communautés chrétiennes apres un écart de conduite. La joie des retrouvailles. Le texte de Paul en 1 Cor, 13, 1 ss: l'amour ne jalouse pas, l'amour pardonne tout, etc ...
On demandait à quelqu'un quand sait-on que le jour est arrivé, que la nuit est finie? Un sage répondit: Quand je regarde une personne et que je puis reconnaitre un frère ou une soeur. Avant cela je suis dans l'obscurité. L'Abbé Pierre écrivait: La vie m'a appris que c'est un peu de temps donné à ma liberté pour apprendre à aimer et me préparer à la rencontre avec l'éternel AMOUR.
Mangez
Au Paradis Terrestre, Dieu dit à Adam et Ève: magez de tout sauf UN arbre. Tout vous appartient mais vou sn'êtes pas propriétaire. Il y a des limites dans la volonté de possession, de pouvoir, ou de vouloir tout s'accaparer.
Manger, c'est prendre, assimiler, mêler à soi, mais il y a des limites. Ces limites me font vivre un apprendtissage dans les relations avec les autres et avec le spirituel en nous.
Le Jeudi saint, Jésus dira aux apôtres: Mangez et buvez. Jésus nous donne ce qu'il a de plus cher; sa vie, son enseignement; Il donne ce qu'il aurait pu garder. Et les puissants le mettent à mort.
Avec ce pain et ce vin symbole de l'amour et de la tendresse de Dieu, Jésus vient nous dire qu'il rejette toute forme de violence, de maitrise et de pouvoir sur les autres. Il se présente comme celui qui sert (Lc 22, 29). Jésus nous invite à manger pour devenir pour les autres le pain de l'amour, du service, du pardon, de la miséricorde. Il nous invite à boire pour devenir le vin de la tendresse et de la vie divine en nous et autour de nous.
Le "mangez" d'Adam et Ève les ont conduit à l'apprentissage difficile de leurs limites; le "Mangez" de Jésus nous conduit au rassemblement, au pouvoir de l'amour, du service et à l'accueil de la vie.
Une parabole.
Cet après-midi, passant devant l'église paroissiale, je vois des ouvriers dans une girafle en train de descendre une Dame du sommet de l'église. Cette dame avait belle apparence de l'extérieure mais rendue sur le sol on a constaté que l'intérieur était complètement pourrie et désagrégé. Seule l'écorce extérieure gardait un semblant d'apprence. Madame sainte Anne sous le poids des ans s'était complètement désagrégée. Un peu de temps encore et elle se serait effondrée sur le sol.
Je me suis dis: Pauvre Sainte Anne, elle aussi a subi les intempéries de la vie et elle est en train de disparaitre. Je me suis posé une question pas polie: Est-ce là l'image de notre Église qui se désagrège de l'intérieur? Il n'y a plus de possibilité de réparer cette statue, il faut la remplacer ou laisser l'espace vide. Et notre Église? Y a-t-il encore possibilité de renaitre ou faudra-t-il naitre de nouveau?
Je suis repartie au pas du vieillard disant en moi-même: L'important n'est pas l'extérieur mais ce qu'il y a en dedans. Et quand le dedans ne répond plus aux besoins, on fait comme Sainte Anne, on descend et on va chercher ailleurs.
