Jos. Deschênes
Apprendre à lire.
J'ai découvert souvent lorsque je changeais de paroisse, combien il était difficile de bien connaitre ce nouveu milieu de travail et de s.y ajuster. C'était parfois comme une terre étrangère. J'avais perdu beaucoup de sécurité mais je découvrais un tout nouvel univers, d'autres richesses et d'autres façons de vivre les valeurs. C'était un enrichissement.
Le peuple de Dieu dans l'ancien testament a vécu ce même tiraillement lors de sa déportation à Babylone. Il avait tout perdu et se trouvait dans une terre étrangère. Il avait perdu son temple, ses prêtres, (moins de messes et des funérailles sans prêtre). C'est ce que nous vivons dans notre société moderne. Jésus nous dit dans l'Évangie d'aujourd'hui (Lc 21, 5-19) "Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre. tout sera détruit." Il y aura des tremblements de terre, des luttes entre nation, on ne s'y reconnaitra plus. C'est la disparition d'un monde pour la naissance d'un monde nouveau.
Le prophète Malachie tout comme le Seigneur nous disent: Apprenez à lire. Apprendre à lire ces signes qui sous sont donnés. Nos églises se vident et disparaissent tranquillement, les prêtres sont de moins en moins nombreux, ce sont des conséquences. Apprendre à lire, c'est s'arrêter pour discerner les causes qui nous ont conduit là et découvrir ce qui est en train de naitre.
Les juifs en exil, privés de leur sécurité religieuse, ont découvert que Dieu était toujours présent même en exil. Ils ont découvert la parole de Dieu qu'ils se sont mis à étudier; de là sont nés de petites communautés de vie et de partage et leur vie de foi est repartie dans une expression mieux adaptée à leur vie quotidienne. Ne serait-ce pas ce que nous sommes en train de vivre?
"Mais pour vous qui craignez mon nom, le soleil de jsutice se lèvera: il apportera la guérison" nous dit Malachie. 3, 19-20). Ces changements difficiles à vivre parfois sont un terrain propice pour faire naitre autre chose. "C'est par votre persévérance que vous garderez votre vie."
Ces temps de bouleversements nous invitent à retrouver l'essentiel. Tournons-nous vers la Parole de Dieu. Le partage de la Parole fait naitre la fraternité et nous verrons surgir de petites communautés. Nous n'avons plus de communauté, nous n'avons qu'une assemblée de personnes âgées. Il nous faut retrouver la communauté qui est la base de la vie de l'Église. De ces petites communautés sortiront les prêtres dont elles ont besoin. Ainsi la force du pouvoir de l'institution fera place au service de l'autorité dans la Communauté-Église.
Apprendre à lire, c'est se placer à l'école de l'Esprit Saint pour suivre la vie dans ses mouvements de transformation. Apprendre à lire, c'est être capable de dépasser ce que l'on perd pour s'arrêter à ce que l'on gagne de neuf et qui fait vivre. C'est le message que je veux partager avec vous aujourd'hui: s'asseoir ensemble pour apprendre à lire la vie à la lumière de l'Esprit et de la Parole de notre Dieu. D'autant plus que cette année la priorité pastorale de notre diocèse, Gaspé, nous dit: "Semons la Parole." Comme chrétiens dépassons les voeux pieux, chaussons les bottes du missionnaire de la Bonne Nouvelle de Jésus.
Mois des morts.
Le mois de novembre est connu sous le nom de "mois des morts." Nous fêtons les défunts le 2 de ce mois. Ce matin, je me demandais pourquoi fêter les morts? S'ils sont morts, ça ne donne rien de les fêter. Et pourquoi parler des morts s'ils ne sont pas morts?
Dans l'Évangile de Jean, Jésus nous dit: "Je pars vous préparer une place et je vous prendrai avec moi." Jn 14, 1-6. Et notre bon ami Job nous dit avec vigeur: "Je sais, MOI, que mon rédempteur est vivant ... Je le verrai en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger." Jb 19, 23-27. Ce sont les raisons pour lesquelles nous fêtons avec nos défunts. Parce qu'ils sont vivants.
Alors le mois de novembre est le mois des vivants. Un mois où ensemble comme Église nous célébrons davantage en communion avec nos parents qui ont vécu leur second baptême et sont dans la plénitude de la vie. Le ressuscité est allé nous préparer la place qui nous revient dans la béatitude sans fin. Pour symboliser nos défunts, nous allumons une lampe signe qu'ils sont vivants et autrement. Nous devons prendre le temps de leur dire que nous les savons vivants avec nous. Et surtout prendre le temps de vivre l'expérience de leur présence avec nous.
Doris Lussier a une expression magnifique: "Mourrir, ce n'est pas finir, c'est continuer autrement. Un être humain qui s'éteint, ce n'est pas un mort qui finit, c'est un immortel qui commence. La tombe c'est un berceau." Nous le savons dans la foi et c'est pour cela que nous fêtons avec nos défunts. Et Jean Cocteau écrivait: "Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants."
C'est leur second baptême. Le baptême est la célébration d'une relation amoureuse avec le Seigneur et en marque le commencement. La mort est le commencement d'une nouvelle façon de vivre cette relation amoureuse avec le Seigneur. C'est comme le dernier éclatement du baptême. C'est pour cela aussi que nous célébrons avec nos défunts. Il nous faudrait apprendre à fêter avec nos défunts, à prier avec eux et à leurs intentions. Nous devons expérimenter ce temps de communion avec nos défunts. Je vais vous préparer une place et je vous accueillerai auprès de moi dès votre arrivée.
Dieu m'a fait un cadeau.
Dieu m'a fait un magnifique cadeau, celui de la vie. Et Jésus me dit que Celui qui m'a fait ce cadeau est le Dieu des vivants et non des morts. C'est en même temps un mystère. Souvent nous nous posons la question: Qu'y-a-t-il de l'autre côté?
C'est la question de nos bons saducéens de l'Évangile d'aujourd'hui. (Lc 20, 27-38). Vous croyez à la réssurrection des morts, et voila qu'un homme a été marié a sept femmes; de laquelle sera-t-il la femme à la résurrection? Voila Jésus pris au piège. Ceci donne à Jésus l'occasion de faire un enseignement sur la vie.
Sur la terre, nous sommes dans une relation de communication et nous vivons des relations de filiation, de partenité, d'épouse et d'époux, relations d'amitié. Dans le monde de la résurrection, nous entrons dans un mode de communion entre des enfants de Dieu ressuscités. Il n'y a plus de relations de communication. Les êtres sont égaux devant Dieu.
La vie est un peupétuel mouvement. Nous vivons des changements constamment, de la naissance à l'âge adulte et à la mort nous sommes en progression. La mort est la dernière étape qui assure le plein épanouissement de notre être d'enfant de Dieu. Les relations d'amitié, de parentalité, sont nécessaire dans notre parcours terrestre pour développer notre être, mais dans le plein épanouissement de notre être, ces relations n'xistent plus. Elles ne sont plus nécessaires. Alors dit Jésus, plus de problème pour votre homme avec ses sept femmes.
Nous entrons ici dans le monde de la foi. Cette forme de vie de ressuscité ne se prouve pas scientifiquement. Il n'existe pas de laboratoire pour nous faire réaliser cettte expérience. La foi, ça part du coeur pour monter vers la tête. C'est un don de Dieu, mais c'est aussi le fruit d'une expérience avec Dieu. Dans notre vie quotidienne, nous fasons souvent l'expérience de petites morts. Mais chaque fois elles nous permettent d'aller plus loin, de mieux ccmprendre des situations ... On ne sort jamais de ces petites morts sans avoir fait un pas en avant.
La mort est ce pas en avant vers un plus grand dans notre vie. Ce pas qui nous permet de nous réaliser pleinement comme être humain et enfant de Dieu. La mort est ce pas en avant qui nous fait entrer dans la dernière étape de notre développement humain et spirituel. Notre Dieu nous a fait un grand cadeau de la vie, pourquoi prendrait--il un malin plaisir à nous l'enlever quand bon lui plait. La vie nous a placé dans une aventure amoureuse avec Dieu et cette aventure se termine dans une communion éternelle avec lui.
Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu des vivants et un Dieu fidèle. Y croyons-nous? C'est notre question et chacun, chacune doit y érpondre sans artifices et sans détours. Dieu nous a montré qu'il est le Dieu des vivants en ressuscitant Jésus, Il nous le montre chaque jour dans la force de la vie qui est en nous et autour de nous. Ranimons notre foi.
Faire grandir.
André fossion écrit: "Dans la culture d'aujourd'hui, l'image du Christ reste intacte. Son message d'amour, son engagement jusqu'au prix de sa vie font de lui un homme d'exception qui inspire le respect et la reconnaissance. Mais il n'en va pas de même pour l'Église. C'est ainsi que, souvent, on entend dire: "Le Christ, oui, mais l'Église ..." Pourtant l'Évangile et la mémoire du Christ n'existent pas sans l'Église. (...) Pourquoi cette distance et cette méfiance à l'égard de l'Église?"
L'auteur aborde une raison importante. Nous vivons dans une société animée par un idéal démocratique. Les gens veulent avoir leur mot à dire dans les choix qui les concernent. Ils sont donc en opposition avec tout système qui ne respecte pas cette volonté. La démocratie fait que chaque individu fait son avenir et non doit la subir. L'homme d'aujourd'hui ne veut pas être un simple figurant sur l'échiquier de la vie et ceci pousse l'individu à prendre ses distances de tout système qui ne le fait pas grandir.
L'Église n'est pas une démocratie, elle est communion de personnes pour réaliser un même idéal. Comme le pouvoir clérical a toujours été très fort dans la vie de l'Église, il n'est pas facile de briser cette coutume. Un premier pas serait de passer du pouvoir à l'autorité. Le pouvoir se prend, l'autorité est reçue, reconnue. Le pouvoir impose des obligations et demande l'obéissance; l'autorité accompagne et fait grandir chaque personne selon la musique de son être. Jésus était homme qui parlait avec autorité. Cette autorité était reçue et reconnue par le peuple.
L'Église est communion fraternelle de personnes qui se choississent et vivent ensemble sur la route du royaume du Père. Si nous voulons que notre Église rejoigne les besoins et désirs de l'homme contemporain, elle devra agir avec plus d'autorité et moins de pouvoir. Dans l'Église, il y a pluseurs lieux d'autorité que l'on pourrait appeler charismes ou ministères avec une autorité de communion. Je crois avec beaucoup d'autres que nos contemporains attendent cette Église qui accueille, écoute, comprend, accompagne et fait grandir. Nous pourrions nous inspirer sans doute de Act. 14, 15; Act. 10, 26. C'est une réflexion inspirée de André Fossion: Une nouvelel fois, p. 107, que je livre à notre méditation.
J'ai lu
André Foisson: Une nouvelle fois. 21 chemins pour recommencer à croire. Lumen Vitae. L'auteur est jésuites et professeur à Lumen Vitae. Il nous expose 21 pistes de réflexion pour retrouver la vie chrétienne et en Église dans nos sociétés laïques. Pour recommencer à croire, il ne s'agit pas de retourner en arrière pour retrouver les chemins du passé, il s'agit d'aller en avant pour assumer la foi dans notre contexte de société. Vivre en relation, Être heureux, Être pasteur, vivre libre, Le Dieu des surprises, tels sont différents chemins proposés. "Nous assistons à la fin d'un certain christianisme, mais pas à la fin du christianisme. C'est un temps de recommencement, d'espérance." Très bonne lecture.
Victime de l'argent.
Nous avons perdu le nord, dirions-nous. Nos fabriques sont dans le rouge, plusieurs accumulent des déficits et congédient du personnel. On essaie de survivre avec des marchés aux puces et des bingos. Toutes les activités de l'Église doivent être payantes parce que les factures n'attendent pas. Les marquilliers "s'arrahcent les cheveux" pour trouver des sous. L'Église est partie et il ne reste que l'enveloppe. Il nous faut retrouver l'Église.
Depuis la révolution tranquille au Québec, l'Église s'est refermée sur elle-même, sur la liturgie et les sacrements et est en train d'étouffer. En perdant nos terrains d'engagement et de contrôle: santé, éducation, services sociaux, nous nous sommes refermés comme une coquille au lieu de demeurer le levain dans la pâte. Les chrétiens ont quitté les célébrations pour retourner à la vie. L'année de la miséricorde se termine, que reste-t-il? Une messe, quelques prières à l'église, nous allons fermer la porte de la miséricorde, mais sur le terrain les chrétiens continueront de l'ouvrir chaque matin au service des plus vulnérables.
L'Église est ailleurs sur le terrian alors que nous sommes restés quelques vieillards dans le temple. Nous sommes devenus une Église du rite et non de la mission. Et pourtant Jésus nous a dit: "Allez faites des disciples."
"Un discernement sérieux s'impose." Mgr Gagnon dans sa lettre sur l'urgence d'agir pour l'avenir de nos communautés nous invitait à ce discernement. Regardons les causes qui nous ont conduit là où nous sommes. Il ne suffit pas de travailler sur les conséquences en voulant amener les chrétiens à l'église. Regardons les causes qui nous ont conduit là, les chemins que nous avons pris qui n'ont pas été efficaces et dans la prière retrouver les chemins d'évangélisation pour aujourd'hui.
Chercher l'argent, mettre l'accent sur des moyens financiers ne conduiront nulle part. Si nous voulons que nos églises vivent, il nous faut retrouver la communauté. Mettons autant d'effort à retrouver la vie chrétienne au quotidien que pour sauver nos bâtiments et nous auronst fait un pas important. Sortons de la liturgie, redevenons une Église en mission, allons aux périphéries dans l'amour et la charité rassembler les enfants de Dieu. Ils ont soif de spirituel, de sens à la vie, soif d'amour et d'accueil sans jugement. Ne soyons pas victime de l'argent et des factures à payer. Le grand défi devant nous est de recommencer à croire; la foi et non les croyances.
J'ai lu...
Deepak Chopra: Cheminer vers la sagesse. Presse du Châtelet. Un guide spirituel à l'usage des jeunes et de leurs ainés. Un jeune élève sur le chemin d el'école rencontre un vieux sage venu de nulle part qui lui apprend certaines règles de sagesse humaine. "Ai-je une âme? Quelle force suprême m'habite? Comment puis-je changer le monde?. Et Bien d'autrs sujets abordés par ce vieux sage nommé Baba. Ce livre devient une introduction à la spiritualité. C'est au niveau du coeur et de l'esprit que tout se passe. Bonne lecture.
Descend au ras des marguerites.
Le petit Zachée de l'Évangile s'est permis une escapade dans les hauteurs. Il voulait voir Jésus de ses yeux vus. Il s'élève au-dessus du quotidien pour bien observer Il ne voulait pas rencontrer Jésus mais le voir. Jésus passe, lève les yeux, et lui dit: Descend, je veux loger chez toi. Zachée est obligé de passer du voir à l'accueil et la rencontre.
Jésus demande à Zachée de descendre au niveau de son quotidien, dans sa maison, c'est là qu'aura lieu la rencontre. Zachée doit apprendre à voir Jésus avec les yeux du coeur. C'est la première interrogation que Jésus me pose aujourd'hui: il ne veut pas me voir, il veut me rencontrer. Et moi? Suis-je comme Zachée qui veut voir, veut apprendre des choses sur Jésus ou si je veux faire une expérience de présence du Christ dans ma vie? Est-ce que je suis grimpé sur le sycomore de mes principes, mes traditions, mes connaissances, mes idées toutes faites?
Remarquons que Zachée est un riche collecteur d'impôt donc quelqu'un de pas très aimé dans son milieu. Pour la première fois peut-être quelqu'un s'arrête près de lui pour le reconnaitre et s'inviter chez lui. Une marque d'amitié et de reconnaissance qu'il n'a pas connue. Jésus se situe au niveau de l'être et non du faire. Un jour j'avais visité une jeune famille qui venait d'accueillir un bébé et je m'arrête pour les connaitre et les féliciter. Le couple me demande pour qu'elle raison je suis arrêté les voir. Qu'est-ce que je leur veux? Je suis arêté simplement pour vous saluer, voir votre bébé ... Vous êtes arreté juste pour nous autres, me dirent-ils? Ils étaient étonné que le prêtre s'arrête juste pour eux. C'est ce que Jésus fait avec Zachée. Il s'arrête juste pour lui.
Jésus dira: "Il faut que j'aille demeurer dans ta maison." Ce n'est pas un ordre que Jésus a reçu d'aller chez Zachée, mais c'est un besoin qui vient du coeur. C'est un besoin de faire grandir la graine de bonté qui germe au coeur de Zachée. Demeurer n'est pas seulement partager la même pièce, mais aussi partager du temps, de la fraternité qui conduira à la conversion de Zachée. Jésus veut nous apprende à rencontrer l'autre non seulement au niveau des idées, des choses à faire, de la pratique des sacrements, mais demeurer, prendre le temps d'une rencontre au niveau du quotidien, au niveau du coeur.
Après la résurrection, Jésus dira à ses apôtres: Allez en Galilée, c'est là que vous me verrez. Jésus envoie ses apôtres sur le terrain du quotidien, au ras des marguerites, c'est là que se vivent les rencontres qui transforment. Jésus nous invite à descendre de l'arbre de nos sécurités, de nos prières toutes faites et qui datent d'un autre siècle, de nos traditions, coutumes de toutes sortes pour le rencontrer sur le terrain de la vie. C'est là qu'Il nous attend, qu'il nous envoie. Jésus ne veut pas de quelqu'un qui le regarde, mais de quelqu'un qui le rencontre; non de quelqu'un qui sort de son quotidien pour prier, mais qui prie avec et dans son quotidien.Ce matin, Jésus me dit; Descend de ton arbre et viens dans la maison de ton coeur, j'ai quelque chose à te faire découvrir.
Une lecture.
Nello Scavo: Les ennemis du Pape. Novalis. Ce journaliste vaticaniste trace un portrait des puissances qui s'opposent à la réforme du Pape François. En sous titre, il écrit: Ceux qui veulent le réduire au silence, ceux qui veulent le discréditer, ceux qui veulent sa mort. Le Pape s'attaque aux pouvoirs tant celui de l'argent, de la mafia qu'à l'intérieur de l'Église. En lisant ce livre, j»'avais l'impression de lire l'Évangile et de voir Jésus au prise avec le pouvoir sous toutes ses formes. C'est assez étonnant même déroutant de lire tous les stratagèmes mis en place tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'Église pour contrer l'action du Pape.Cette lecture m'incite à aimer davantage l'Église peuple de Dieu, Église communauté qui reconnait en François son pasteur. Il parle avec autorité et quand l'autorité s'attaque au pouvoir, c'est derangeant. Bonne lecture.
Le semeur est sorti ...
Notre priorité pastorale diocésaine à Gaspé est lancée: Semons la Parole. Elle s'inspire de la parabole du semeur en Mth 13, 1-9. Je me permets de partager ma méditation de ces derniers jours. On nous a proposé de réfléchir autour de trois éléments: le semeur, la semence, le terrain.
Le semeur:
Le semeur est d'abord un être amoureux. Il doit aimer le terrain qu'il ensemence, la semence qu'il jette en terre, la mission qui est la sienne et Celui qui l'envoie semer. Le semeur doit faire corps avec sa mission, les personnes à qui il s'adresse. "Sans l'amour, je suis un métal qui résonne", nous dit Paul en 1 Cor. 13, 1sss.
Le semeur doit être disciple du Christ.Il ne donne pas sa parole, mais celle de celui qui l'a envoyé. Nous ne pouvons pas être apôtre si nous ne sommes pas d'abord disciple. Se placer à l'école de Jésus Christ est la première démarche du semeur. A l'exemple de Marie au noce de Cana. Elle parle d'abord à Jésus comme mère: "Ils n'ont plus de vin." Mais elle se ravise et parle comme disciple: "Faites tout ce qu'il vous dira" et le miracle de produit. Le semeur doit être en communion avec Celui qui l'envoie.
Le semeur ne cherche pas le résultat. Il n'est pas un cueilleur mais un semeur. Il sème avec générosité, avec foi en la parole, il sème en abondance. Le semeur n'est pas d'abord un être efficace mais un être généreux, un être de foi.
La semence:
La semence est la Parole de Dieu, semence du royaume. La Parole de Dieu est d'abord inscrite au fond de notre coeur nous dit le prophète. Le Seigneur est présent dans sa parole d'une présence réelle comme dans l'Eucharistie, mais une présence non substantielle. La Parole nous convoque, nous rassemble et nous met en état de célébrer. La Parole est un moment de communication qui nous fait passer à un état de communion. Quand je vais manger dans une famille, on m'invite avec une parole, je prend un temps de "placoting" avant de passer à table; une fois à table la parole diminue, il y a plus de temps de silence, nous sommes passer dans un temps de communion. La parole est essentielle dans toute célébration pour nous conduire à la communion.
Le Parole est puissante. Elle était présente au moment de la création: "Que la lumière soit et elle fut." Gn 1, 2. Le prophète Isaïe 55, 10 nous rappelle cette puissance de la parole de Dieu, et l'Épître aux Hébreux 4, 12 insiste également. Le semeur doit avoir confiance en cette puissance de la parole du Seigneur.
La Parole a une odeur. La parole est un souffle, une haleine. Si je mange de l'oignon, les voisins vont le savoir et s'éloignent, si j'utilise un rince à la menthe, les voisins ne bougeront pas. La parole que je sème a-t-elle une odeur d'oignon ou de menthe; est-ce une parole qui éloigne ou rassemble? Aujourd'hui, je rencontre beaucoup de gens éloignés par une parole à senteur d'oignon et qui attendent une parole qui rassemble. J'ai besoin de découvrir une parole chaude, une parole du coeur qui réchauffe, rassemble ...
Le terrain.
Le terrain est extrêmement varié. La capacité de produire est aussi très variée et parfois décevante pour un semeur qui espère des fruits rapides. J'ai déjà vu des fleurs percer sur un terrain très rocheux. Il peut y avoir une petite pointe de terre qui laisse pointer une plante. Le semeur n'est pas un cueilleur, il sème sans se soucier des résultats. Mais le cultivateur connait sa terre et il lui donne la préparation dont elle a besoin pour produire ce qu'elle peut. Le semeur, qui aime sa terre, l'écoute et la comprend et lui donne la nourriture dont elle a besoin. Il y a des terres qui sont fertiles pour certaines sortes de semences et ne produiront rien avec d'autres graines. Le semeur fait corps avec sa terre.
Le terrain a ses besoins. Le terrain de l'évangélisation a besoin d'être aimé, d'être écouté pour donner du cent pour un. Le semeur part de son terrain pour jeter la semence. Si nous partons de nos besoins nous risquons de faire fausse route. Il y a des terrains blessés, brisés, pas aimables, ils ont besoin plus que les autres d'être aimés. Il y a des terrains pas encore défrichés qui ont besoin d'une oreille attentive pour les comprendre. Il y a des terrains fertiles qui ont besoin d'âtre reconnus. Le semeur de l'évangélisation doit être attentifs à toutes ces sortes de terrain et leur donner ce dont ils ont besoin. Le semeur sort pour semer, il n'ensemence pas seulement les terrains qui fréquentent l'église, il rejoint tous les milieux.
Ainsi se présente à nous un défi pour l'année. Je souhaite que ce message de notre Évêque ne reste pas entre les deux couverts de notre cartable. Le semeur est sorti pour semer.
